• Exsurgence du Bial 2010

     

    Exsurgence du Bial 2010

     

    Commune de: Espagnac saint Eulalie, LOT 46

    Coordonnées : 1° 52’ 27.2’’ E ; 44° 35’ 24.2’’ N

    Altitude : 174m

    Type de sol : Calcaire J1 Bajocien.

     

    Exsurgence du Bial 2010

    Exsurgence du Bial 2010

     

    Photo Brice MAESTRACCI.                                                       Photo Frédéric VERLAGUET.

     Exsurgence du Bial 2010

     Photo Christian KUPIEC.

     

    Accès :

          La source du Bial s’ouvre sur la commune d’Espagnac-Ste-Eulalie, en rive gauche du Célé. L’entrée est indiquée sur les cartes IGN au 1/25000°. Au niveau de Ste-Eulalie, il faut traverser le Célé en suivant la route qui mène au hameau de Rian, et environ 150 mètres après le pont, un petit chemin part sur la droite pour rejoindre le ruisseau du Bial qui est souvent à sec. En remontant le cours, on arrive au porche majestueux de 5 mètres par 7 de l’exsurgence.

     

    Historique :

    Avant 2010 :

          Les habitants de la commune connaissent cette résurgence sous le nom de Source Bleue ou Trou du Diable. En septembre 1976, l’Association Spéléologique de Figeac et le Spéléo Club de Figeac commencent les explorations en procédant à un pompage. Le niveau est baissé de 6 mètres et le premier siphon est franchi pour une longueur de 75 mètres. D’autres diverticules sont explorés pour une longueur totale de 175 mètres.

          En 1989, Jean-Louis Fantoli et Jean-Luc Siriex reprennent les explorations en plongées. En plusieurs séances, le siphon 1 est passé, le siphon 2 est exploré sur plus de 310 mètres pour une profondeur de 15 mètres. Un siphon 2 bis est également exploré. Le développement total de la cavité passe à 475 mètres pour 390 mètres de siphon.

           En 1993, Jean-Luc Siriex continue les explorations en jonctionnant le siphon 2 au siphon 2bis et remonte la diaclase terminale, trop étroite.

    Exsurgence du Bial 2010

    Jean-Luc SIRIEX dans l'inter S1/S2. Photo Jean-Louis FANTOLI.

     

           A chaque plongée, ils sont obligés de passer beaucoup de temps pour l’ouverture de la résurgence qui se rebouche systématiquement à l’issue…

         L’instabilité chronique de cette entrée fait que les incursions sont difficiles et à part quelques visites épisodiques de plongeurs locaux, cette source est oubliée petit à petit.

     

     Exsurgence du Bial 2010Exsurgence du Bial 2010

     

     

     

     

     

     

     

     Topographies de 1976 puis 1993. 

     

     

    EXPLORATIONS 2010

     

    # 30/01/2010: DELPECH Thomas, ERB Alfred, GUARDIA Jean-Paul, HENAFF Claire et Yvon, MAESTRACCI Brice, VERLAGUET Frédéric, Voyou.

              Cette journée est dédiée à l’ouverture de l’entrée car, depuis 1993 l’accès est verrouillé.

          Voici le plan d’attaque : équipé d’un narguilé, je remplis les bacs dans la petite alcôve au-dessus des étroitures et Brice fait le guide vers la sortie pendant que le reste de la troupe tire la corde depuis l’extérieur.

    Exsurgence du Bial 2010

    Photo Brice MAESTRACCI.

             A la fin de la journée, bilan des courses, un mur en galet retient la pente de sable et graviers et une ouverture de 30cm de haut pour 70cm de large. Celle-ci me permet une incursion en marche arrière sans rien d’autre que le narguilé et une bouteille de 4l que je tire.

              Je repère les lieux jusqu’au petit puits menant à -8m. Puis négociation de la sortie sans rien toucher svp !!

              Retour au gîte de Marcilhac pour un bon repas (un peu collantes les pâtes à la carbonara) puis nous mettons en place la stratégie pour le lendemain.

     

    # 31/01/2010: DELPECH Thomas, ERB Alfred, GUARDIA Jean-Paul, HENAFF Claire et Yvon, KUPIEC Christian, MAESTRACCI Brice, VERLAGUET Frédéric, Voyou.

              La journée commence bien, Jean-Paul essaie de me réveiller en faisant le con. Mais c’est sans compter que Voyou dors à mes pieds !!!

              Heu JP n’insiste pas ou il va te bouffer !!!

    Exsurgence du Bial 2010

    Photo Brice MAESTRACCI.

            Nous décidons de filmer derrière les étroitures afin de récompenser les efforts de l’équipe. Je pars sur le narguilé (sécurité) et avec deux 6l que je dois quitter pour passer les étroitures. Brice me fait suivre le caisson vidéo de Christian, mais celui-ci pourtant compact a du mal à passer la deuxième étroiture.

            Je découvre au fur et à mesure ce superbe petit siphon. Tiens ! Le fil est cassé, je répare donc et continue. La visibilité est optimale, je remonte le long d’une diaclase avec de grandes lames d’érosions. S’en suit un conduit confortable. Devant une grosse galerie non équipée et à ma gauche un petit conduit où se prolonge le fil. Je m’y engage et stoppe 30m plus en avant car après ce point, le demi-tour sera très difficile : déjà les bras du caisson frottent les parois. Une fois extirpé, j’hésite à poursuivre dans la grosse galerie, mais l’équipement avec la caméra est trop galère. Je décide de rentrer.

            La sortie ! Il est convenu que, dès qu’à l’extérieure ils entendent mes respirations sur le narguilé Brice vienne à ma rencontre pour m’aider à sortir.

           Tout se passe plutôt bien, mais les 6l ont du mal à prendre le virage de sortie. Le caisson est dehors, c’est à mon tour. Dès que je m’engage dans la dernière étroiture, un gros galet du muret tombe et avec lui du sable et des graviers se déversent ! Aller il est temps de laisser le Bial tranquille.

            Nous rangeons tout le matériel dans un froid très vif. Mes bouteilles en resteront collées à la route gelées sur place.

            Ensuite Brice nous fait son show en se roulant, nu comme un ver, dans la neige et la gelée blanche !!!! "Le froid est une information réservée aux civils" !!!

            Nous rentrons manger et examiner la vidéo. Tout le monde est content du travail réalisé. Malheureusement il faut se séparer, mais rendez-vous est déjà pris. "Bial, tu nous reverras".

     PS : Le mardi suivant notre travail, un plongeur local se vente auprès d’une personne n’avoir pas pu plonger au Bial car nous n’avons pas assez bien travaillé !!!

               Non mais pour qui se prend t’il celui-là?

              Non seulement il ne respecte pas le groupe qui travaille sur le trou en voulant le pirater et en plus il se permet de critiquer le travail fait !!! Bizarre, il n’a pas laissé de vis de chemin de fer cette fois !!!!

              Des fois il y a des gens qui feraient mieux de se taire.

     

    # 03/04/2010: DELPECH Thomas, ERB Alfred et Aline, GUIN Philippe, HENAFF Claire et Yvon, MAESTRACCI Brice, SCHALCK Nicolas, ROCHAULT Mathieu, SOULAYRES Jean-Luc, VERLAGUET Frédéric, Voyou.

              Nous reprenons les travaux de déblaiement et de consolidation durant toute la journée.

     

    # 04/04/2010: DELPECH Thomas, ERB Alfred et Aline, GUIN Philippe, HENAFF Claire et Yvon, MAESTRACCI Brice, SCHALCK Nicolas, ROCHAULT Mathieu, SOULAYRES Jean-Luc, VERLAGUET Frédéric, Voyou.

              Jean-Luc a amenait un burin pneumatique. Avec Brice, nous nous y collons pendant 45minutes chacun. Les étroitures seront donc un peu recalibrées, mais nous en avons "chié", excusez l’expression.

             Ensuite, nous plaçons des "pare-avalanches" callés par des fascines enfoncées d’un mètre. Nous allons, ici, utiliser un outil intelligent : la masse !!!

    Exsurgence du Bial 2010

    Plan Brice MAESTRACCI.

             L’après-midi, ça y est ! Nous allons enfin pouvoir plonger tous ensemble. Deux groupes se forment. Brice et moi allons en premier rééquiper là où se sera nécessaire et vérifier l’équipement en place. Frédo, Fred et Jean-Luc suivrons pour visiter.

             Avec Brice, nous rajoutons 20m de fil afin de relier la grande galerie et le départ du S2 bis. Ensuite, nous repositionnons le fil et surtout profitons du spectacle qui s’offre à nous.

            La grande diaclase avant la partie profonde du S2 est magnifique mais demande un passage sur le champ. Brice stoppe ici, moi je dépose ma 15l alu et pars découvrir la suite avec pour but de revoir le terminus de SIRIEX. Le trio fera aussi demi-tour à la fin de la diaclase. Pour ma part, j’évolue dans de grands volumes, la visibilité est très bonne : 10m environ.

           J’arrive contre une paroi, le fil bifurque à 90° sur la droite et entre dans une diaclase étroite qui se prolonge à perte de vue en hauteur. Je suis le fil et arrive à un laminoir ponctuel où il faut que je dégage des graviers. Après quelques minutes, le passage est ouvert, il y a un léger courant à cet endroit. Je débouche dans une galerie ultra corrodée et déchiquetée. Le fil amarré sur des lames est explosé. Je passe pas mal de temps à réparer avant de reprendre ma progression.

           Après 20 mètres, j’arrive dans la zone près terminale en laminoir qui lamine vraiment. Je stoppe après 20 autres mètres car je suis sur mes tiers et il faudrait que je creuse une butte d’argile et de graviers pour avancer. A ce moment, je me dis bravo Monsieur SIRIEX ça engage pas mal dans le coin !!

           Le retour dans le laminoir se fait avec très peu de visibilité et je regrette d’avoir déposé ma 15l trop tôt. Le retour se fait sans encombre. Je retrouve tout le monde en sortant. Nous sommes super content d’avoir visité et rouvert ce magnifique réseau oublié par le temps et les hommes.

            Le week-end se termine avec un sentiment de plénitude partagé et déjà des espoirs et des projets plein la tête.

     

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     Parodie Brice MAESTRACCI.

    # 03/08/2010: DELPECH Thomas, KUPIEC Christian, SOULAYRES Jean-Luc, VERLAGUET Frédéric, Voyou.

            Suite à l’échec de l’exploration de Laminako Ziloa deux jours avant, Frédo décide de monter dans le Lot se vider la tête.

            Après les deux camps d’hiver au Bial, nous décidons de rouvrir le passage afin d’aller faire du film dans ce magnifique réseau.

           De ce fait, ce mardi est consacré à la désobstruction des étroitures d’entrés. Plusieurs heures seront nécessaires car les aménagements réalisés lors du dernier camp ont été littéralement balayés par les crues.

            En fin d’après midi, je passe les étroitures avec le narguilé puis Frédo me fait glisser les bouteilles et le G10 de Jean-Luc. Je pars donc faire un petit film et me promener sans aucune prétention.

            Le niveau est très bas en conséquent une trentaine de mètres de portage sont à réalisés à la sortie du S1. L’eau est cristalline, un véritable bonheur ! Dans l’inter S1/S2, je remarque une cheminé avec des racines qui pendent. La surface doit être proche à cet endroit.

          Je pars enfin dans le S2. La première partie est assez tubulaire et le travail de l’eau est somptueux. Ensuite, j’arrive dans la grande diaclase de 10m de hauteur. Quel spectacle !! Par contre, il faut chercher le passage le plus large car le fil mal placé passe au plus étroit.

           Ça y est, je me laisse tomber tel un chuteur libre dans les grands volumes du réseau inférieur. Au bas mot, il y a 15m de visibilité. Mon regard se pose sur une dépression à ma gauche. Je l’avais déjà remarquée les fois précédentes. Je me décale du fil et après seulement 5m, je discerne des vagues d’écoulement sur le sol, puis un départ de conduit en laminoir ! Je m’avance et aperçois la suite sur 15m. La section est de 2.5m de largeur pour 0.8m maximum au plus haut. Super, je fais demi-tour car la touille s’installe et je n’ai pas de fil. Par contre, je suis hyper content de cette découverte.

          Maintenant, je me dirige vers les grandes galeries amont. L’eau est très claire sauf vers la fin où une strate blanchâtre de densité différente est "coincée" à mi hauteur. Elle confère une apparence fantomatique à ces lieux. Et, pour la deuxième fois en 15 ans de spéléo, un sentiment, que dis-je un ressentit comme une présence me fait comprendre qu’il faut en rester là ! Pourtant tout est ok, mais je fais demi-tour et au fur et à mesure que je me rapproche du nouveau conduit, "tout" s’apaise. Comme si "on" me faisait comprendre que c’était Là ! (Je vous rappelle le deuxième nom de la source "trou du diable").

            Enfin, je ressors et retrouve l’équipe. J’explique presque tout et la décision est prise de plonger demain. Frédo filmera et j’irai découvrir la nouvelle branche du réseau.

     

    # 04/08/2010: DELPECH Thomas, KUPIEC Christian, VERLAGUET Frédéric, Voyou.

          De bon matin, nous nous préparons. Christian dépose la caméra dans l’eau pour la mise à température et nous les 6 bouteilles que nous amenons plus le narguilé en sécurité. Test des détendeurs ok, test des éclairages ok, test du caisson et de la caméra rien ! Autre test rien !!? Frédéric le tend à Christian qui l’ouvre immédiatement et évidement il est plein à ras bord d’eau !! (Bilan caméscope foutu et électronique du caisson foutu). Nous nous regardons avec Frédo d’un air de dire "qu’est ce que nous faisons ? "

          Nouveau plan de bataille, je déroule et relève la topo puis Frédo amarre le fil avec des anneaux de caoutchouc. Aller nous faisons comme cela ! Arrivé au départ de la nouvelle branche dans le S2, nous déposons nos relais. Puis action !

           Les passages sont bas et le sol est constitué de sable et d’argile volatile. Le conduit serpente pour arriver à une étroiture en laminoir sous des lames de rocher. Ça ne passe pas ! Je commence à creuser à la main le remplissage mais il est trop compact et corrosif. Je récupère un caillou qui traînait par là et racle le sol. Mon coéquipier me rejoint dans le black out le plus total. Je tente le passage une première fois mais avorte. Je creuse de nouveau et réussit à passer mais c’est juste, tellement juste que j’en fais sauter la fermeture de ma néoprène qui s’ouvre totalement. Ça "pique" un peu sur le coup ! Je regrette d’avoir donné tous les anneaux caoutchouc à Frédo car il faudrait que je sécurise le fil parce qu’à coup sûr il va se décaler dans une section piège.

          Bref, je continue et arrive sous un exondé. Au milieu de la galerie, un pont rocheux me sert d’amarrage naturel. Je décide de stopper car je surconsomme à cause du froid et de toute façon le retour va être probablement épique et de plus Frédo n’arrive pas ?

           L’étroiture ne passe pas mieux au retour, surtout que le fil n’est pas au bon endroit. Une fois franchit, je trouve mon porte « caouetches » attaché au fil. Super c’est le signe que Frédo a fait demi-tour.

          Dans le dernier virage avant la sortie du boyau, je ne retrouve pas le passage ? Le fil est partit là où il ne faut pas à cause d’un monticule d’argile servant d’amarrage qui a dut rompre. Juste après, je retrouve Frédo et l’eau claire. Je lui fais signe que je rentre. Quant à lui, il se dirige vers les volumes afin d’en profiter un maximum. Le revoilà 25min plus tard émergeant du S2. Il est sous le charme (du siphon hein pas de moi !!). Personnellement, je suis moins optimiste que lui car 45min dans l’eau à 12°C la combinaison éventrée, je suis frigorifié !!

          A la mise à l’eau du S1, je tombe une palme au font de la diaclase et Frédo me la récupère. Puis nous sortons, le sourire aux lèvres avec le sentiment d’avoir partager des moments exceptionnels !

     

             Bilan 50m de première avec arrêt sur rien ! Que du bonheur !!!

     

    Thomas.

     

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