• Grotte de Bardalie 2010

     

    Grotte de Bardalie 2010

     

    Commune de: Salviac, LOT 46

    Coordonnées : 1° 16’ 19’’ E ; 44° 40’ 07’’ N

    Altitude : 175m

    Type de sol : Calcaire J9a Portlandien inférieur.

     

    # 12 Mars 2010: BESSON Michel, DELPECH Thomas, KUPIEC Christian, MAGDELAINE Joël, MIQUEL Jean-Jacques, Voyou

     

    135m de 1er dont 85m sous l’eau, -7.7m, 32 min ttp, 230min ttst

     

    Rendez-vous Salviac 14h. J’arrive en premier et suis Christian. Nous prenons le café au bar du coin, puis arrivent Michel et Jean-Jacques. Aller, direction Bardalie. Sur place Joël est déjà à pied d’œuvre.

    Nous faisons un briefing et un historique rapide des travaux titanesques réalisés devant la topographie. A noter qu’un méandre a été ouvert sur 40m à l’explosif (sans lequel aucune plongée n’aurait été possible) et que 40m³ de sable ont été sorti !!!

    Je prépare les kits bouteilles, puis nous nous changeons. Le parcours jusqu’au siphon est relativement simple. Par contre, le "paysage" est assez varié. Le passage dans le grand méandre vertical ultra goujonné est superbe. Nous arrivons après du « quatre pattes » dans une salle d’effondrement. A partir d’ici deux siphons partent : un aval à explorer qui doit ressortir au moulin et un amont à explorer !!!! Mais quelle surprise à notre arrivée ! Un fil part déjà vers l’amont. Pourtant la grotte est privée, un panneau et une grille cadenassée barrent l’entrée. Seul le Clan des Explorateurs Cavernes a la clef et la permission du propriétaire pour effectuer des travaux d’exploration ! (Une plainte est en cours pour violation de propriété privée !)

    Bref, l’effet de surprise passé, le grand déballage commence. J’équipe les blocs (2x6l) et prépare les instruments ainsi que les lampes. Puis vient le temps d’enfiler ma combinaison. Chose très peu aisée car la salle est basse et les blocs au sol sont instables.

    Grotte de Bardalie 2010

           Après une vingtaine de minutes tout est prêt et le départ proche ! La personne qui a équipé n’a même pas pris la peine d’inscrire son nom sur une plaquette ! Quel manque de savoir-vivre !!!

     

    Grotte de Bardalie 2010

    Le petit signe de la main avant le départ.

    Le siphon est bas de plafond, 1m pour 2 à 3m. Le sol n’est que sable jonché de blocs épars. Il est à noter qu’à 25m un tumulus d’éboulement oblige un passage par le plafond. Vers la fin du siphon, soit 30m, le fil est accroché avec une vis de traverse de chemin de fer ! Ça y est, je me doute de la personne qui a plongé, car dans le coin il n’y a qu’elle qui pollue ainsi les siphons alors que de multiples amarrages naturels sont tout autour ! Prenant la topo à l’aller, le siphon 1 parcourt 43m pour – 3.5 m. Je sors dans un conduit d’une largeur de 4m pour 4m de haut en forme de Λ. Après quelques mètres, un passage, que dis-je, une étroiture noyée défend le morceau ! Je m’y engage avec les blocs mais renonce rapidement. Donc, je me déséquipe et passe derrière pour analyser la stratégie de progression. La suite est un « quatre pattes » dans un petit corridor jonché de blocs scellés au sol. Le tout formant des rapides bruyants. Alors le plan ? Je repasse de l’autre côté, je "fourre" le tout derrière l’étroiture. Je me rééquipe et commence ma progression tel un pénitent tout en nettoyant le cours d’eau des blocs et cailloux jonchant le sol. Car cela fracasse un peu les genoux ! Je remarque un passage supérieur étroit qui semble reboucler avec la salle de sortie du S1. Une fois les rapides passés, je retrouve le même profil que précédemment.

    La vasque de départ du S2 est intimement superbe (1.5m de O). Un fil est aussi en place mais il commence à la cote 45m !? Je fais le point et essaie de partir. Le départ est en pente avec un éboulis délicat à négocier. 25m plus en avant, j’arrive à une fracture perpendiculaire à l’axe du conduit ponctuée d’un rétrécissement 1.2m  pour 2.5m . Ce changement d’orientation est typique du réseau, il n’y a qu’à regarder la topographie. Après 5m, je débouche dans un puits incliné de 4m de Ø superbement sculpté. Le sol est un éboulis de blocs calcaires roulés. La cote -6m atteinte, le fil s’arrête sur une trémie de blocs calés contre la paroi du plafond. Je raboute mon propre fil qui pour le coup est identifié mais qui commence à 0m ! Après deux minutes de terrassement, je laisse l’eau propre me redonner une vue d’ensemble du chantier. Je dégage encore un très gros bloc que j’ai du mal à faire rouler et je tente le passage. Mais je reste bloquer à cause d’une bouteille qui n’a pas la place de tourner !! Ah oui, en plus d’être étroit, en trémie, en descente, le conduit repart à gauche, ce qui implique un peu de gymnastique 3D !! Je recule et recommence mon Tétris avec d’autres blocs. Le deuxième essai est le bon et je passe dans la suite à -8m. Il s’agit d’un laminoir de 0.5 à 0.8m de haut pour 2m de large avec des strates tombées du plafond. Ces strates bouchent partiellement le passage et m’obligent à zigzaguer. Donc l’équipement n’est pas toujours main droite et peut passer à gauche au gré de dame nature. C’est pour cela, qu’il faudra être vigilant au retour! Probablement qu’il ne se fera pas avec 15m de visi mais plutôt 1m ! Ah oui au passage je trouve une dent de renne en parfait état !!!

    Grotte de Bardalie 2010

    Dent d'herbivore.

            Après 30m, je butte de nouveau sur un éboulis mais cette fois remontant. Je me dis chouette je vais faire surface ! Je me dépêche donc de sortir quelques blocs et passe, mais zéro visi. Mes bulles ont du aller se loger dans une cloche avec de l’argile car c’est un déluge qui tombe du plafond. En voyant les "ripple marks" sur le sable du sol, je trouve rapidement la suite à  -3m. Au bout de 100m, je crois sortir mais je ne suis que dans une cloche sous pression crépie d’argile. La suite est sur ma gauche et repart presque dans mon dos. Enfin, je sors après 125m et une escalade de dune pénible !

    Premier travail, amarrer le fil ! Mais les seuls ancrages du mur se délitent au fur et à mesure que je tire dessus. Bon, tant pis, je plante le dévidoir dans le sable et pose les bouteilles. Je gueule ! Un écho formidable me répond! De plus la section est de 2m  par 4 à 7m  ! Après 10m, je trouve un bloc et repars avec, pour installer le fil d’Ariane. S’en suit une soixantaine de mètres de galerie avec deux singles magnifiques. Au passage, j’inscris dans le sable la date et mon nom, choses futiles et éphémères qui seront balayées lors de la prochaine crue mais qui font plaisir à l’égo.

    J’arrive au S3 et jette un coup de masque. Il part en laminoir de sable. Je me tâte, il ne reste que 15m dans le dévidoir ! Alors, je fais demi-tour. En plus mon "run time" de 2h post siphon court, donc je rentre !

    Je me rééquipe et lors de la mise à l’eau, un détendeur se met en débit continu !! Vite, je me retourne et sors de l’eau. J’essaie de pincer le tuyau une fois, puis deux !! Finalement, j’y parviens et ferme de l’autre main la bouteille. Je secoue la gamelle dans l’eau et rouvre doucement, mais rien n’y fait ! Je démonte donc le deuxième étage qui est bondé de sable. Une fois nettoyé, et remonté tout fonctionne mais j’ai perdu 60 bars !!! Et oui, sur une 6l ça va très vite !! Enfin, zéro stress car il me reste une bonne marge de sécurité même aux tiers.

    Le retour se fait sans encombre sauf au passage de la trémie qui est bien plus délicat à la sortie qu’à l’aller. Le portage inter S2/S1 est super éprouvant avec l’étroiture et les rapides. Enfin, je sors après 2h40, le sourire aux lèvres ! Le Voyou vient me faire des bisous puis débriefing. Nous emballons tout, puis direction la sortie sans oublier un petit passage du côté de la "carrière" de sable (autre partie du réseau où travaille le CEC) .Une fois dehors, nous nous changeons et je communique les coordonnées topo à Jo afin de faire le report. Pour finir, nous sommes tous invités à Lalbenque chez Philippe FERCHAUD pour dîner et refaire le monde et surtout celui de la spéléo du Lot !!!!!!!..........

    Grotte de Bardalie 2010

    Photo de famille.

         Voici l’équipe !! Il manque Christian qui est notre photographe du jour. Ah et voici le gardien des lieux !!!!

    Grotte de Bardalie 2010

     

    # 27 Mars 2010: BESSON Clément, BESSON Michel, BOUCHET  Michael, CAYRE Bruno, COUDERC Jean-Luc, DELPECH Thomas, IGNACIO Roberto, MAGDELAINE Joël,  Voyou

     

    160m de 1er, dont 50m sous l’eau, -7.9m, 43 min ttp ,415min ttst

     

    Après 15 jours de pause, nous revoici à Bardalie, mais avec du renfort et non des moindre ! Nous avons des personnes du CEC, du SCS et moi-même représentant les voisins de la Dordogne.

    Cette fois, la logistique et les buts sont différents. L’équipe des "Blaireaux creuseurs" va creuser pendant que l’équipe des "Crapouillaux plongeurs" va plonger !!! Mais pour le moment tout le monde s’affaire à porter les kits au siphon. Car, je pars pour 5h avec 3x6l alu. L’équipement est jovial à part quand Voyou arrive !! En effet, il s’est roulé dans une merde de sanglier et il pue la mort !!

    En plus des trois bouteilles, j’emporte un mini kit avec marteau burin afin d’essayer d’agrandir l’étroiture inter S1/S2. Sur mon casque, la caméra de Jean-Luc m’accompagne. Le S1 est rapidement franchi et j’attaque le martelage de l’étroiture. Mais la roche est particulièrement dure. J’abandonne cette solution et commence à creuser de part et d’autre du V que forme l’étroiture afin de créer un U. J’y consacre plus d’une heure. Ensuite pendant le transport du matériel, je peaufine les rapides et y trouve une autre vis de chemin de fer. Non seulement la personne a violé la propriété privée mais en plus elle a "emprunté" les biens de la SNCF ! M’enfin…. !!!

    Le S2, me posera quelques problèmes car avec trois bouteilles, je me coince dans la trémie et le fil, puis le laminoir est un calvaire ! Une fois dans l’inter S2/S3, je me dis que j’étais motivé la dernière fois pour franchir le S2. Par contre avant le puits, j’ai trouvé une cheminée exondée main droite. A la sortie du laminoir, la voûte est une belle ogive parfaite mais avec de l’argile en placage.

    Le S2 sorti, je dépose une bouteille et me dirige vers le S3. Une fois de plus, aucun amarrage naturel, donc je repars chercher un caillou en guise de lest. Le S3 développe 15m pour -1.5m, si j’avais su ça la dernière fois !!! Les choses sérieuses commencent car je me trouve à un carrefour entre actif et fossile. Je pose tout et parcours l’actif 2m  par 4 m sur 50m avant de butter évidemment sur le S4. Puis, je repars explorer la partie demie supérieure fossile. Le carrefour est une "grande" salle d’éboulis avec une superbe plage de sable. Le profil du fossile est bien plus vertical 1 à 2m  par 4 à 10m  le tout se pinçant au plafond. Le sol et les parois sont couverts d’argile. Après 20m, je dois évoluer en opposition haute car il y a un rétrécissement au niveau du sol. Les parois sont coupantes et corrodées. Après 60 nouveaux mètres, j’arrive au-dessous d’une cheminée active (à + 10m) de 6 à 8m  avec des racines !!! L’écoulement vertical a sur creusé un puits de 3m de profondeur et forme des colonnes de calcite. Je désescalade et avance encore de 5m, puis je dois stopper sur obstruction du conduit 1m  sur 1.5m  par du sable. Je frappe la paroi avec un caillou pour éventuellement me faire entendre des autres, car vu l’orientation de la galerie, je reviens en direction de l’endroit ou ils se trouvent (carrière).

     Je me rééquipe et pars à l’aventure dans le S4. Après 25m de petite galerie, j’arrive dans un entonnoir géant de 10m   par 2.5m à 3m  et 10m de long !!!! Le spectacle est superbe, on dirait qu’il n’y a pas d’eau !!! (Séquence émerveillement). Mais les réjouissances s’arrêtent vite car le cône converge vers un laminoir en pente. Le sol n’est que graviers et sable plus ou moins compactés. Je plante le dévidoir et commence à creuser pour dégager un passage. 10 minutes s’écoulent, j’arrête et laisse l’eau nettoyer un peu le chantier. Je dégrafe mes bouteilles et m’engage en marche arrière. Au bout de 3m, je n’arrive plus à progresser. De plus, le sable et le gravier me glissent sous le ventre. Ne voyant plus rien, je tâte la suite avec les talons, puis je décide de sortir. Mais le dévidoir non verrouillé est venu avec l’avalanche et je suis emmêlé autour de la tête et du corps !! (les conneries, toujours au meilleur moment) Pas de panique, j’attache sur moi le dévidoir et coupe le fil au dernier amarrage. Une fois sorti, je me rends compte de l’ampleur de l’emmêlage !! Je remets tout propre et me dirige vers le retour. Au passage, j’enlève mon ardoise afin de protéger les sacro-saintes coordonnées. Puis je ressors tranquillement sauf à la trémie du S2. Je récupère le kit désob et sors. Nous revoilà réunis après 5h15 d’expé. Nous plions les gaules et sortons. Mais à 10m de la sortie c’est le drame !!! Je précède Jo qui ferme la marche. Avant le quatre-pattes final, il me parle, je me retourne tout en continuant à marcher. A ce moment je cogne la paroi (je précise la paroi saine !) avec l’épaule. Tout de suite, je sens quelque chose me "rouler" le long du bras !!?? S’en suit une douleur au pied !? Je baisse les yeux et vois un bloc d’au moins 30kg qui s’est décroché !!! Il ne subsiste plus qu’une mince pellicule d’argile sur le mur. Jo est stupéfait "Nous sommes passés 100 fois au même endroit !!","Au moins ça aurait pu tomber sur l’autre C.. qui a plongé sans autorisation!!". En ce qui me concerne, je vous rassure rien de grave.

    Un petit casse-croûte en se changeant. Puis dictée des coordonnées et, bien sûr, plan sur la comète au sujet d’une hypothétique jonction interne (Carrière/inter S3/S4) ou par dehors (cheminée avec racines) !

    Merci à tous pour votre participation à cette aventure, à dans très peu de temps afin de poursuivre avec des outils l’exploration du S4 et baliser cette cheminée chevelue mystérieuse.

     

    DELPECH Thomas.

    Voici le squelette de la topographie depuis le S1 (en rouge le fossile), l’habillage et la synthèse avec le reste de réseau sont en cours de réalisation.

     

    Grotte de Bardalie 2010

     Photos: KUPIEC Christian