• Thémines 2009

     

    Thémines 2009

     

    Commune de: Thémines, LOT 46

    Coordonnées : 1° 49’ 48’’ E ; 44° 44’ 19,6’’ N

    Altitude : 290m

    Type de sol : Calcaire J1 Bajothien.

     

    Thémines 2009

     Ruisseau avant les pertes.

    Thémines 2009

    Perte terminale.

     

    Camp 2009

     

    Participants : BEAUCHERON Emeric et Jawen, BERTOCHIO Philippe, DELPECH Thomas, FERCHAUD Jean-Philippe, KUPIEC Christian, MIQUEL Jean-Jacques, SIRIEYS Carine Laurent et Théo, VERLHAC Anne-Marie et Michel, Marie, et les pauvres guêpes !!!

     

    Rappel des dernières expéditions :

     

            # 2 réseaux principaux connus se développent dans les pertes de Thémines. Le réseau AGA et le réseau Vieussens. Ces entités alimentent le système des Vitarelles puis celui de Cabouy.

     

            # Le réseau Vieussens fut plongé voilà 25 ans. Le S1 fut passé à grand peine par BEAUCHERON Émeric. Une galerie courte mène au S2 et un réseau fossile remontant donne l’espoir d’une jonction avec le gouffre du pech Laveyssière. Voilà 20 ans, Émeric repasse le S1 et franchit avec moult difficultés le S2 (-8m, 120m). A peine sorti, le S3 se propose à lui, mais il parvient à escalader une douzaine de mètres et trouve un shunt. Ce passage développe 400m et permet d’atteindre le S4. Ceci restant le terminus actuel.

     

            # Le réseau AGA (Association Gramatoise A……….) est quant à lui bien plus vaste, du moins sa partie connue. Il a été plongé par SIRIEX Jean-Luc voici 12 ans. Mais les informations relatives à l’exploration sont vagues dans les souvenirs de Laurent ! Il y aurait trois siphons de franchis et un arrêt sur le S4 avec un possible shunt du S3 !? Le tout se développant sur une distance inconnue !?

            En revanche, une jonction semble possible par une ramification inter S1 S2/ diverticule pré S1.

     

    Camp du 27 Juillet au 01 Août 2009 :

            Rendez-vous à Marchepied à 13h00. Christian, Philippe et moi-même plongeons pour filmer le S1. Après un petit verre à Marcillac, direction le camp. "Tu vas voir, nous sommes tous chez Laurent (cf Christian) ". En effet, nous arrivons près d’une petite maison plantée sur un coteau aride juste en face de la barre rocheuse de Marchepied. Le cadre est superbe ! En outre, il est très difficile de se garer !! Nous nous croirions à une rave sauvage, des camions, des voitures partout !!!

            Les présentations faites, c’est parti pour le trophée de la blague la plus débile ! Emeric est tout de suite hors concours !!! S’en suit le plantage des tentes et le repas bien arrosé. A partir de là, l’histoire s’écrit ou se conte ! Les récits édulcorés d’Emeric, ponctués d’interventions de Laurent, les premières de Michel ou de Christian… Enfin que du bonheur, les yeux grand ouverts !!! Puis vient le passage sur les techniques employées en plongée et l’évolution du matériel et des configurations. Et pour finir, l’histoire des "lapins" de Marie !!!! (MDR pour les jeun’s). Le tout se terminant vers 1h du matin !!

             Le lendemain, gueule de bois pour certains (Jawan) et petit déjeuner pour le reste de la troupe. Laurent et Emeric préparent le matos et les inquiétudes commencent ! Les flexibles des Poséïdons sont tous craquelés et plus très flexibles ! Le pompon pour Laurent, nous gonflons son bi 6 (rééprouvé la semaine des quatre jeudi). Au moment de tester ses détendeurs dessus, une vieille odeur d’huile pourrie à dégueuler (le contraire de gueuler !). En tant que TIV, j’ouvre les fûts, le robinet sort vert turquoise tout cupulé !!! Une puanteur nauséabonde nous envahi !!! "Qui c’est qui a pété !!?? " "Personne !!" Pinaise, elles sont pourries de haut en bas. La deuxième pareil ! Ça fait beaucoup et ça fait trop !! A partir de ce moment il ne reste plus de matériel que pour un seul plongeur (Émeric). Le coup monté se met en place, le Christian et mon Laurent suivis d’Émeric arrivent dix minutes avant de partir et me demandent de plonger ! Pour moi, il n’en est pas question ! Le matos n’est pas prêt, je ne suis pas prêt et puis je n’ai pas franchement envie pour de multiples raisons. Au bout de vingt minutes, ils auront réussi à "me tirer les larmes" !! "Bon, bon, c’est ok" Conditionnement du matos et mise au point sur les siphons, la topographie et autre avec Laurent !!! Trente cinq minutes plus tard, le chargement est prêt, direction Thémines.

             Nous nous changeons sous une chaleur étouffante, puis c’est la descente. Une fois la perte de l’arche dégagée, la visite du réseau, ponctuée par les séances photos de Christian se passe très bien.

    Thémines 2009

    Perte de l'arche. Ma première visite!

            Pour ma part, je découvre et j’avoue que la variété des décors est assez plaisante. Par contre que de détritus issus des multiples pollutions humaines : chauffe eau, pneus, plastiques et j’en passe !!! Nous installons le camp à une centaine de mètre du S1 de l’AGA. Ce point stratégique permet l’accès au siphon mais aussi aux galeries annexes où un shunt S1 a été trouvé voilà 12 ans par Emeric et Laurent. La préparation du matériel est soignée avant le plongeon vers l’inconnu. Je pars avec 200m de fil et 2x6 litres alu gonflés à 220 bars. Ne connaissant pas les sections des siphons, je décide donc d’opter pour un portage à l’anglaise plus souple d’utilisation. Émeric quant à lui part avec 2x4 litres conditionnées dans un kit. Nous partirons en décalé car les objectifs sont différents. Émeric reste post S1 pour chercher le shunt et faire des escalades au grès des multiples cheminées et moi je pars vers l’aval ! Pendant ce temps, un groupe pré S1 cherche aussi le shunt et un autre fait des photos.

    Thémines 2009

    Mise à l'eau avant le S1.

    Thémines 2009

    Passage de témoin intergénérationnel avec Michel.

             A partir de ce moment, je coupe les ponts avec le monde extérieur et donne un timing de 2h d’exploration post siphon. J’arrive au S1, le fil est dans l’argile dès le départ, ça promet ! Je vérifie le matériel et en particulier le scaphandre. L’énorme dévidoir de Laurent me gène et je ne sais pas où le loger. Bref, je pars et deux mètres plus en avant les difficultés arrivent. Un passage bas dans les concrétions, le tout en virage serré. La visibilité est alors de 1m malgré l’éclairage puissant des lampes de Christian (merci du prêt). Au bout de 10m au détour d’un virage à droite, le fil est cassé. Il pendouille mollement, je sécurise le tout sur une stalagmite et raboute le fil neuf. Je déroule 30m dans plusieurs passages bas et ressors dans une galerie 5x4 dont le sol est couvert d’un bon mètre d’argile. Les grosses emmerdes commencent !!! Je m’enterre jusqu’à mi cuisses, les blocs me servent d’appui au niveau des bras. Je cherche à me dégager mais je n’y arrive pas. Bon une chose après l’autre, j’attache le fil rive droite et le coupe. Je rembobine autour de ma main le vieux fils aligné dans le sens du courant et le range pour le sortir au retour. Je jette mes palmes sur un dôme de glaise, décroche mes blocs et essaie de remuer mes jambes. Le piège est bien tendu et je commence par me faire une légère amorce de déchirure musculaire. J’alterne entre des mouvements d’avant en arrière et de droite à gauche pour finir par planter les bouteilles qui serviront à me tracter et retrouver une position allongée ! Ouf !! Je m’en sors au bout de 10 à 15’. L’hyperthermie me gagne ! Je décide de rattacher mes bouteilles et de ramper dans l’argile plutôt que de marcher. Un canyon sur-creusé dans l’argile dont le font est plus "dur" me permet d’évoluer rapidement à genoux tel un pénitent. Au bonheur, une bauge d’eau telle une oasis dans le désert me permet de faire descendre ma température corporelle. Vu de l’extérieure je dois ressembler à un sanglier qui se vautre !!!! Après 100 à 150 mètres de cette comédie, j’arrive dans la "rivière". Entre temps j’ai déposé mes blocs !! Je décide d’aller plus en avant pour reconnaître le parcours. Laurent m’avait parlé d’un ressaut avant le S2 !? A oui, en effet j’arrive au sommet d’une cascade de 8m de haut ! Ouhhhh pinaise !! Deux passages sont possibles. Je choisis celui de gauche en forme de V entre la cascade et la paroi de la galerie. En opposition, je glisse inexorablement vers les bas fonds. Je stop car je suis à la fin de l’opposition soit à 2.5m de la surface de l’eau. J’observe le fond tout en analysant quant au fait de sauter dans ces 0.5m d’eau. De plus, je regarde comment remonter avant le grand saut. Tout cela me parait jouable, je saute. Après une réception un peu virile, je parcoure 200 mètres et arrive au S2. Attention aux marmites dormantes sous l’eau ! Je dépose le matériel et repars chercher les bouteilles. En arrivant au niveau de la galerie d’argile, j’entends les glou glou d’Emeric qui arrive. Nous faisons le point et il m’aide à porter une bouteille jusqu’au S2. Un grand merci à lui au passage.

             Le S2 !! Je prends le temps de souffler et de vérifier le matériel. Pendant le transport, un verrouillage d’axe de dévidoir s’est barré ! Laurent ça fait deux fois !! Je me fais chier à arranger cela avec du fil mais le nœud final revient à Emeric. Ça y est, je pars laissant le père BEAUCHERON à ses escalades et à la recherche du shunt perdu ! 10m plus loin, je sors mais j’entends et vois les lumières d’Emeric ? Je lui gueule (il est un peu sourd !!) et nous trouvons un passage exondé entre les concrétions. 50m après, une autre coulée stalagmitique bouche le passage mais un fil est aussi en place. Une trouée en hauteur (latérale droite) laisse entrevoir un shunt possible ? Je plonge et ressors au bout de 15m, le plafond est une pluie de stalagtites noyées ! En un instant Emeric arrive. Pour finir nous parcourons 60m avant des gourds et le S2 !! Fichtre c’est long, mais c’est bon !!! A l’immersion quel soulagement !! Donc ce fameux S2 se développe sur 80 m à une moyenne de -8m. Aucune difficultés ‘est à noter, la section est de 2x2m sur pratiquement l’intégralité du parcours. Par contre la visibilité est de l’ordre de 1 à 2 mètres.

             Ça y est, je suis dans l’inter S2/S3 et peut être S4. Je prends le cap pour donner quelques indications quant à d’éventuels reports. S’en suit 400 à 450m de portage dont une grande partie s’effectue dans une conduite forcée de 3 à 4m de diamètre ! Le sol et les margelles sont une succession de marmites de toute beauté !! Je note à mi parcours, l’arrivée d’un affluent rive droite. Il ne se développe que sur 2m pénétrables, puis pars en siphon. Son débit est approximativement de 60 litres/minutes. J’arrive au S3 qui se présente sous la forme d’un trou au sol de 1m de diamètre pour 1m de profondeur. Vu le contexte, cela ne donne vraiment pas envie de plonger. Sur la droite, un pan incliné d’argile s’annonce coton à gravir ! Il porte encore les traces des pas de Jean-Luc SIRIEX ! Séquence émotion 12 ou 13 ans après ! Je ne me sens pas d’attaque après tout ce portage et décide de poser les bouteilles et de faire une pause de 10’ dans le noir presque complet. C’est fou comment deux écrans de manomètre phosphorescents peuvent éclairer les ténèbres ! Aller, il faut reprendre. J’attaque "l’escalade" et me vautre à 1m du sommet, la descente fut bien plus rapide !! 2em essai, ça y est ouf ! C’est parti, je me sens tout léger sans les plombs et les bouteilles que j’ai laissé pour aller voir plus loin. Sur 100m se succèdent des marmites géantes, reliquats laissés par le passage ancien de l’eau dans ce conduit. Je rejoins la rivière toujours rive droite par une belle plage de sable blanc jonchée de feuilles de chênes pubescents. La vasque du S4 est à une cinquantaine de mètres et surprise ! Il y a déjà un fil !? "Et merde !!?? " Je suis légèrement ennuyé, tout ce portage pour rien, de plus Laurent m’avait dit que SIRIEX n’avait pas plongé le S4 !!?? (Laurent ça fait 3). Franchement, je me tâte car je suis un peu touché et il faut rentrer. Bon dans un moment de faiblesse, je pose tout et vais chercher les bouteilles et ma ceinture de plomb. La ré-escalade avec deux bouteilles : "le nouveau numéro du grand cirque de Thémines" !!! Houuuu, ce fut sportif ! Une fois revenu à la belle vasque de 6m de diamètre, je m’équipe et entreprends de descendre au niveau de l’eau. Je prends le fil main droite et m’immerge. 3m plus loin, le fil est pété, ça commence bien, je raboute sur ce fil un peu spécial (je ne donnerais aucune précision, il faudra aller voir !!). L’eau est très trouble et j’ai du mal à trouver le passage. Ayant déroulé une dizaine de mètres, je retrouve le conduit et le fil en place. 40m après rebelote, je commence à en avoir marre de ce petit jeu !! La profondeur est de -18m, si je veux progresser il faut que j’arrête de "perdre" du temps à réparer. Je décide donc de dérouler mon propre fil. La cote 110, 120m atteinte (étiquette plus très lisible) terminus de Jean Luc SIRIEX ! Maintenant que du bonheur mais si le profil ne remonte pas rapidement, il sera de courte durée. Vers 160m le sol argileux de la galerie (3x2 avec éperons rocheux) fait place à des galets. Le conduit amorce une folle remontée et à -2m, plus de fil ! Soit 75m de première. J’ai vu sur 5 à 10m mais pas de miroir à l’horizon ! Le conduit engage un virage à droite. J’amarre et pose un Delta particulier aussi (allez voir). Je fais le point, les tiers sont juste consommés. Donc demi tour sans regret dans la touille évidemment! Le retour fût long et pénible à force de donner des coups de casque dans les parois, j’en ai même perdu mes ciseaux ! Organe que je doublerais maintenant, car si j’avais eu un problème dans un autre siphon !!?? Je sors enfin après ….. minutes allégé de 200m de fil. Le retour n’en sera que plus confortable non ?! Comme précédemment, je m’arrête au S3 pour faire une pause. J’ai horriblement soif et il faut encore parcourir beaucoup de chemin !

          Au S2, si vous saviez quel bonheur de se laisser porter par l’eau et de se rafraichir un peu !!! S’en suit la traversée avec 50cm de visibilité et la sortie. Un grand moment va se jouer !! Je sors, Emeric attend sagement assis sur son gourd ! Je lui tends le dévidoir vide mais il voit mal avec les reflets des leds ! Il ne dit rien, donc je lui retends et là il voit enfin qu’il est vide "oh putain" ! De suite, je lui demande s’il n’a pas pissé dans l’eau et je lui répète trois fois car il est sourd comme un pot ! Il finit par me dire que non et je bois une grosse gorgée d’eau de la perte !! Je n’en pouvais plus de soif !!! Emeric me prends les plombs et les palmes, puis direction la sortie. Au passage de la cascade, il est impressionnant d’aisance ! Ce doit être le canyoning de haut niveau et la fatigue en moins me dis-je pour me rassurer !! Nous arrivons à l’argile et là faut avouer que j’en chie mais la déshydratation doit y être pour quelque chose. Je trouve une illustre bite à carbure dans une laisse d’eau, séquence "archéo". Finalement nous voilà devant le S1, nous nous préparons et je laisse le père BEAUCHERON passer en premier. Comme cela il aura au moins de l’eau claire ! Je décolle cinq minutes plus tard, mais je le rattrape dans la partie étroite avec le "lapiaz". Il ne bouge pas bizarre, je lui chope le mollet et il daigne avancer. Nous sortons et il part comme une balle ? Bon tant pis pour une arrivée collégiale ! Je me vautre lamentablement dans des sédiments un peu mous et finalement j’arrive au camp, le sourire aux lèvres "même pas mal" !! En premier, je me fais engueuler par FERCHAUD et VERLHAC !! "Ça fait 4h30 que t’es partis nous commencions à nous inquiéter !!! Puis la curiosité l’emporte "alors, alors !!??? " Tout en me changeant, me restaurant et buvant, je leur raconte (pardon maman, j’ai parlé la bouche pleine !!). Le groupe frigorifié part vite vers la sortie pour se réchauffer. Jawan et Emeric finissent de plier quand je pars. Sur le retour, je me plante de route et m’engage dans un merdier d’argile où je chope une crampe ! Merde il y en a marre de l’argile !!!!!!! Je finis par retrouver le chemin, mais un brouillard épais rend la progression hasardeuse et fantomatique ! Après 15’, je rattrape Jean-Jacques et Philippe à la descente sur la rivière. Sur ce la famille BEAUCHERON arrive. Tranquillement, nous faisons passer les kits lors de la remontée avant la sortie finale par la perte de l’arche.

         Séance photos et retrouvailles sont de mise. Puis nous nous changeons et partons à Marcillac pour l’apéritif et un bon repas gaulois !!!!

     

                 Merci à tous pour votre participation et à ces bons moments passés ensemble.

     

    DELPECH Thomas

    Photos Christian KUPIEC.

    Thémines 2009

    Topo d'ensemble.

    Thémines 2009

    Topo post S1.

     

    Récit de Philippe BERTOCHIO pour les plongées du 30 et 31 Juillet 2009:

    Illustration DELPECH Thomas avec les photos d’Émeric BEAUCHERON.

     

    30 et 31 juillet 2009 Thémines siphon aval de la rivière Vieussens.

    # Jeudi 30 juillet 2009:

    Thémines 2009

    Philippe dans la remonté vers la galerie des anciens.


          L'accès au siphon aval de la galerie Vieussens n'est pas aujourd'hui des plus faciles. Les limitations d'accès par la galerie blanche nous imposent un détour depuis la perte de l'Arche. Pour rejoindre la galerie des Anciens, les passages étroits sont fréquents et nous obligent à des séances de « chaines de sacs ». La perte garde son caractère de perte-poubelle jusque là. Nous slalomons entre les chauffe-eau, les bouteilles verres et plastiques et les chaussures. Une fois dans la galerie des Anciens, le décor change du tout au tout. Il s'agit d'une succession de bassins dans une galerie découpée par l'érosion que quelques coulées de calcites décorent. La progression est relativement rapide si l'on ne cherche pas à éviter l'eau.

    Thémines 2009

    Les filles dans le portage.

          La galerie des Anciens se jette littéralement dans la rivière Vieussens par un puits de six mètres. La rivières ou plutôt le canyon prend des dimensions très honorables. Malheureusement, avec l'actif, nous retrouvons son cortège d'immondices. Comment un tel dépotoir a pu obtenir un arrêté de classement ? Il faut croire que pas grand monde n'est venu vérifier le caractère « exceptionnel » que certains ont vendu à l'administration. A partir de là, l'arrivée au siphon terminal est rapide.

          Émeric et Laurent, en vieux compères, souhaitent remettre le masque dans un réseau qui leur tient à cœur : Thémines, les amonts des Vitarelles. Leur objectif est de remettre en état le fil dans le siphon 1 et mettre le pied à l'étriller pour des plongeurs plus disponibles afin de reprendre l'exploration. C'est pour ce second point que Thomas et moi-même accompagnons et portons ce jour. Au moment de l'équipement, Laurent a un problème de fuite notable sur un détendeur. Impossible de se mettre à l'eau dans ces conditions. Émeric part donc seul un peu déçu de ne pas faire le « coup » avec son pot. Il est rapidement de retour. Malgré une touille a couper au couteau, il a pu remettre en état le fil sur plus de la moitié du siphon. Mais après, il a perdu la suite, la turbidité de l'eau l'amenant à faire une boucle sans retrouver la sortie. Un peu dépité par le résultat mais heureux de retrouver ses siphons Lottois biens sournois. Rendez-vous est pris pour le lendemain. Et place aux « jeunes ».


    # Vendredi 31 juillet:

          On reprend les mêmes et on recommence... Sauf que cette fois si, Laurent et Émeric ont pris le rôle de porteur pour Thomas et Philippe. Le cheminement reste le même. Il est cependant plus rapide que la veille. Connaissant les passages, nous sommes plus efficaces.

    Thémines 2009

    Dernière laisse d'eau avant la descente sur la Vieussens.

         Au siphon, l'ambiance est théâtrale. Pendant que je m'équipe tranquillement dans un silence relatif, Thomas exulte dans son rôle préféré, le bouffon de service. Chaque mot, chaque geste est l'occasion d'une plaisanterie ou d'une pantomime. A ce rythme, l'équipement devient long mais la bonne humeur est telle que personne n'irai s'en plaindre.

    Thémines 2009

    Thémines 2009

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          Enfin dans l'eau, je laisse partir devant Thomas qui doit reprendre la suite de l'équipement d’Émeric. Pour économiser l'air, je lui laisse cinq bonnes minutes. Au départ du siphon, une épaisse couche de mousse marron rappelle que nous plongeons dans des égouts, quoi qu'en disent les élus locaux de leurs efforts de collecte et d'épuration. Ne pas oublier de prendre deux bonnes douches ce soir et se désinfecter les muqueuses...

         Je plonge. La visibilité est presque nulle. J'aperçois de temps en temps, au travers d'une vague d'argile un halo, une ombre de becquet rocheux, un bout de fil entre mes doigts. Le fil est bien posé à gauche. A droite, mon bras brasse de temps en temps pour rien. C'est le néant. Impossible de savoir la largeur de la galerie. La hauteur est plus limitée passant d'un mètre à quelques décimètres. Mais toujours cette sensation étrange d'être au bord d'un précipice à droite que je ne verrai pas. La galerie du siphon est en léger yoyo et dans chaque point bas je ressens un net changement de température de l'eau. L'eau de la rivière, qui arrive chaude, doit passer contre le plafond. Mais j'ignore l'origine de cette eau froide. Puis je butte contre un talus compact de galets collés par l'argile. Quelques-uns des ces galets roulent sous mon ventre alors que je tente de remonter entre le talus et le plafond. J'en pousse à droite et à gauche pour me permettre d'avancer. Et j'émerge. Thomas est là qui déjà palabre alors que je n'ai pas encore quitté la cagoule. Il m'explique comment il a forcé le passage pour franchir le talus. Pas étonnant qu’Émeric n'est pas retrouvé le chemin hier. Le talus a dû, avec les années, changer de forme. Nous reprenons notre souffle. Je récupère le touret de fil pour prendre la suite de l'équipement. Le siphon 2 enchaîne immédiatement après le talus de galets.

          Mais les travaux de désobstruction de Thomas et notre petite pause ont permis à la touille de s'installer sereinement dans le siphon aval. Je pars dans un total « black-out ». Descendant contre la paroi main gauche, je fouille un ensemble de petites terrasses formées par les strates où s'accumulent beaucoup d'argile de décantation. J'arrive au fond, composé d'argile avec des entonnoirs qui me fond perdre le sens de ma progression. Sans visibilité, je finis par faire surface du côté gauche de la vasque. Thomas est aussi surpris que moi. Je repars en prenant cette fois-ci la paroi main droite. La roche est encore plus érodée de ce côté. Je fouille, une fois de plus, un ensemble de terrasse anastomosées mais le fil se déroule. Erreur, le fil se détend à nouveau. J'enroule encore et descends plus bas mais ce n'est encore pas là. Je reprends un peu plus à gauche en remontant. Je retrouve la paroi main gauche. Comme le fil se déroule, je continue. Je devine parfois la forme générale de la galerie qui est maintenant plus intime. Mais ces visions sont très brèves. Le fil se déroule toujours. C'est bon signe. Profitant d'un bon amarrage naturel, je refais le point sur mon matériel et mes consommations. Je suis proche de ma limite d'autonomie. Me souvenant du passe technique du talus de galets en sortie de siphon 1, je préfère garder une bonne sécurité qui me laissera le temps de négocier au mieux le passage sans devoir jouer les bulldozers. Je fixe le fil, bloque le touret et fais demi-tour. Au moment où je tourne la tête, l'ombre de Thomas apparaît. Je lui fais signe que je n'ai plus assez d'air pour continuer. Il prends le touret et disparaît. Je fais demi-tour pour l'attendre entre le S1et le S2. De retour, il m'expliquera qu'il a encore pas mal déroulé mais qu'il a perdu la suite dans une espèce de salle basse où il a fait le tour sans rien trouver. Émeric nous expliquera plus tard que cette salle lui a aussi posée pas mal de soucis avant de trouver la suite au sol et au milieu. En faisant le tour, impossible de trouver la suite. Pour nous, c'était la dernière possibilité de plongée. Il faut attendre un nouveau camp. En deux plongées, nous n'aurons rééquipé qu'un siphon et demi. Les conditions sont telles que la progression est particulièrement lente. La profondeur n'est pas trop un souci mais le portage nous a fait prévoir des petites bouteilles. Il faudra peut-être envisager une plongée en recycleur s'il est blindé.

        Ce n'est pas encore que nous ferons de la première dans le S4...

    Philippe

     

    Thémines 2009

    Sortie de plongée.

    Thémines 2009Thémines 2009

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Nettoyage du matos et spéléos au Célé le lendemain.