• Thémines 2012

     

    Thémines 2012

     

    Commune de: Thémines, LOT 46

    Coordonnées : 1° 49’ 48’’ E ; 44° 44’ 19,6’’ N

    Altitude : 290m

    Type de sol : Calcaire J1 Bajothien.

     

    Thémines 2012

    Ruisseau avant les pertes.

    Thémines 2012

    Perte terminale.

    Thémines 2012

    Photo Christian KUPIEC.

     

    # 15 Août 2012  1er vague :   CABRIT Eric, CHARLAT Anne, CHEVRIER Damien, DELPECH Thomas, JOUGOUNOUX Didier, SEGOUANE Bélaïd, SIRIEYS Théo. Monitrice canyon et Julie

     

    Equipe extérieure balisage :  AMIARD Jean Louis, KUPIEC Christian, MIQUEL Jean-Jacques, VERLHAC Michel.

     11h00 à 03h00 -> TTST= 16 heures ; 9 personnes pour 8 kits.

     30 mètres de 1er et 11 heures post siphon.

     

            Nous voici de retour à Thémines pour effectuer le balisage de la cheminé dans la galerie des anciens bis. Cette cheminé se situe entre le S6 et le S7 dans une galerie supérieure. Ce balisage permettra en plus de caler plus précisément la topographie.

             Notre effectif est gravement amputé. Nous avons amenés Emeric à l’hôpital de Cahors la veille au soir. Etant en détresse respiratoire, il était préférable de l’y conduire malgré ses refus. Ensuite le Laurent batifolait sur les bords du célé avec sa compagne ! Le père FERCHAUD pareil ! Bref, il a fallut faire autrement afin de mener à bien la mission.

             Grace à l’aide de la direction du CDS 46, nous n’avons pas eu de nouvelle autorisation pour cette campagne estivale. Mais ceci était sans compter sur l’autorisation de l’année précédente.  En effet, celle-ci n’ayant pas était bornée dans le temps par la préfecture, elle coure toujours ! Donc notre expédition est en règle malgré les mauvaises langues et quoi qu'on en dise.

             Cette année, la météo est en notre faveur et rien d’inquiétant n’est annoncé. J’ai fait appel à Jean Louis AMIARD par le biais de Michel afin d'effectuer le positionnement balise. Son système étant très performant et surtout peu encombrant.

             Nous voilà donc réunis à Trassac la veille pour préparer tout cela. Du coût, je serais seul à plonger et à faire l’escalade post S6 !

                     "Va falloir assurer kiki" !

             Le lendemain, nous y sommes. Premier travail, apprendre à mettre en route la balise, et la déposer ainsi que ses batteries dans des sacs étanches. Ensuite, mise au point sur le matériel d’escalade. Eric me prête ses amarrages prototypes révolutionnaires, Christian quant à lui me prête son petit perforateur tout neuf. Au passage merci à vous.

             Nous nous changeons et nous dirigeons vers la perte de l’arche qui a été nettoyée. Nous sommes 9 pour 8 kits, tout va bien. Dès le départ, la routine s’installe. Faire passer les sacs, installer les cordes, remonter sur la galerie des anciens et ses superbes gours…..En bref Thémines !

            Le transport se passe bien et c’est une franche partie de rigolade entre nous. Nous atteignons la rivière Vieussens par le balcon et effectuons la dernière descente. Le niveau d’eau est plutôt bas. Arrivé au siphon1, je récupère le matériel et le prépare puis me change.

            Je pars avec 3 bouteilles de 6L, un kit sherpa contenant, 40m de corde, la balise et ses accus, le perfo, les amarrages, mes agrès, les 4 quartzs du Jean-Jacques (Il doit les retrouver à la baguette depuis la surface !!!!!!!??????) et pour finir de la nourriture et de l’eau. A lui seul le sherpa fait au moins 35kg ! Mais le souci, c’est qu’il faut que je rajoute en plus des galets car il est trop léger, ce qui nous pousse à 40kg le morceau !! Ça tombe bien, je suis presque en forme sauf un reliquat d’entorse au genou.

             A l’entrée du S1, Eric pose le quartz n°1 ! La visibilité est pitoyable. Dans le S1, le sac est tantôt positif et racle le plafond, tantôt négatif et ressemble à une encre. Le tout au grès des différentes profondeurs d’évolution. A la sortie du siphon le fil est cassé, je sors mon dévidoir de secours et raboute. Je trouve rapidement le passage et fais surface. Je récupère la suite du fil cassé et replonge pour tout rattacher.

            Petit portage jusqu’au S2 et c’est parti. Ça commence bien, 15m après mon départ plus de fil ! Allez rebelote, il faut rabouter et faire une recherche de fil. Le problème à cet endroit, c’est que le fil passe au plafond et que le sac pend sous moi en me tirant vers le fond ! Je retrouve la suite 10m plus loin et raccorde. Si cela continu, je vais être juste sur l’autonomie, mais aussi au niveau du fil car je n’ai que 20m de secours. Heureusement, la suite du siphon est correcte. A la sortie, je me déleste d’une bouteille.

    Maintenant, il faut crapahuter dans les galets pour arriver à la longue partie où il faut nager en voûte mouillante puante ! Le S3, une formalité. Le portage jusqu’au S4 se fera en deux fois car je suis trop chargé. Ensuite, le S4 et S5 s’enchainent, mais son éprouvants car longs. Avec le sac, c’est franchement galère car la trainé n'est pas optimale! A la sortie, je dépose le quartz n°2 et laisse le sherpa car il y a 250m de portage à effectuer.

    Je pars donc déposer mon scaphandre. Au S6, pas de fil ? Avant de porter le sac pour peut être rien, je décide de plonger. Je déroule, puis récupère le fil en place 5m plus loin. Je le retire et sors l’attacher tout en rembobinant le mien. Direction le sac. Il est vraiment lourd ! Mais couillon, si tu sortais les galets ça irait mieux !! Chose faite. Je me rééquipe puis leste le sac et traverse sans peine le S6. Je dépose le matériel de plongée et file déposer le sherpa sous la cheminée donnant au bout de la galerie des anciens bis. Je mets mes agrès et prends une corde de 15m.

    Maintenant, il me faut rejoindre le S7 pour monter dans les étages supérieurs. Au croisement actif, galerie des anciens bis, je dépose le quartz n°3 puis commence mon pèlerinage.

    La galerie est magnifique. J’arrive au niveau de l’escalade repérée par Émeric et jette un œil rapide. Ça se présente plutôt bien vu d’en bas. Je continue mon chemin et arrive à la fin de la galerie. Je me positionne sur le balcon et vois mon kit 12m plus bas. La corde trop courte de l’année dernière est déchiquetée. Ce qui atteste d’une monté en charge de plus de 12m dans le réseau. A mon avis le S7 fait "bouchon".

    Je me sécurise et attache la corde à un pilier. Par contre, je pense qu’il ne faudra pas compter sur celle-ci l’année prochaine car la précédente s’est coupée autour du pilier. Je dépose le quartz n°4, puis je descends. La corde frotte sur une margelle, mais en se mettant en position rappel, tout va bien. Je bois et mange une barre, puis j’attache le sac à la corde et remonte. Je le hisse péniblement, puis dépose la nourriture ici car l’endroit me plait bien et il est propre. De plus j’ai des marmites d’eau claire à proximité.

    Me voici devant la fissure donnant sur l’escalade. Je déballe l’étrier, la corde, le perfo, les amarrages et les protos d’Eric. Je laisse pour le moment la balise ici. La monté est relativement facile sur les 15 premiers mètres. Ensuite, j’opte pour le coté droit car j’ai un redan qui me fait gagner 2m. J’attaque l’artif. Je progresse rapidement avec les amarrages récupérables d’Eric. Je fais office de testeur conditions réelles! Le petit perforateur de Christian est très performant et pratique. J’arrive à un croisement de galerie et il faut faire un grand pas au dessus du vide pour pouvoir continuer du bon coté. Le problème, c’est l’argile abondante sur les parois. Je me sécurise et donne du mou à la corde. Je fais le pas et plante très vite un goujon et me fixe dessus. Maintenant, je peux prendre le temps de réaliser un nœud « oreilles de mickey » pour positionner la corde plein vide. Pour la suite, je suis couché de champ sur un pent incliné et mes pieds sont sur la paroi d’en face. Je me débrouille pour avancer en glissant. Je veux atteindre un replat en face de moi d’où part une petite cheminée. Sur ma droite, une galerie de 3mx2 est visible, mais pas accessible pour le moment. J’arrive enfin au pied de la cheminé qui fait 1.5m x 1m en section et 4m de haut. J’escalade la moitié en opposition, puis la suite en artificiel. Au sommet se trouve un petit boyau impénétrable, bouché par une coulée stalagmitique. Par contre, j’entrevois la suite plus grosse et surtout il y a de l’écho.

              Je décide de poser la balise au pied de cette cheminé. Je descends donc la chercher.

     Arrivé en bas, j’en profite pour boire dans un gour avant de me baigner car avec la combinaison néoprène j’ai vraiment trop chaud. Je prends la balise dans un petit kit et remonte la mettre en place non sans difficultés. Je pose un goujon et la fixe à la verticale. Je raccorde les batteries et la mets en marche. Super tout fonctionne. Il est 18h16min. Je m’octroie de droit une petite pose syndicale dans le noir. Le doux son de la balise me berce. Je commence à avoir un peut froid. Ah oui. Cela fait déjà presque une heure ! Tout à coup la balise fait un bruit anormal ? Je décide de la couper et de reprendre la procédure de mise en marche. Elle repart sans sourciller. (Jean-Louis m’expliquera par la suite qu’au bout d’une heure elle passe en émission continu du signal.) Il est maintenant 19h45min, j’espère qu’ils ont trouvés le point en surface. Normalement avec le report déjà effectué ils ne devraient pas être loin. Je stoppe la balise, repositionne les bouchons et la remets dans ses sacs étanches. Je change les piles de ma frontale et commence à redescendre.

    Au milieu, je décide de tenter un pseudo pendule afin de poser un point et d’aller dans la grande galerie. J’y parviens tant bien que mal et prends enfin "pieds" à plat ventre dans la galerie. Je fais 10m et arrive devant une salle creusée comme un cingle. Je suis en milieu de paroi. Trop dur de descendre sans corde, pourtant ça a l’air prometteur, il y a des glands et des feuilles de chênes partout au sol. Le plafond qu’en à lui est 8m plus haut. Il comporte de grandes coulées stalagmitiques qui doivent concorder avec celle de la petite cheminée. Je prends la topo et note précisément tous ces détails car cette salle doit être plus haute que la cheminé d’au moins 4m. Si nous devons faire un accès artificiel, ce sera 4m de gagner et surtout, il y a la place pour d’éventuels déblais. Le bilan est plutôt positif.

    Je repars, me nettoie un peu et nettoie le perfo avant de le remettre dans ses sacs étanches. Direction la nourriture. Je prends le temps de me restaurer en mangeant chaud. Par contre, mon petit réchaud à alcool n’aime pas trop l’humidité et à du mal à se lancer. Mais j’arrive tout de même à me concocter un super Bolino hachis Parmentier et un petit café très sucré. Cela fait du bien de sentir la chaleur descendre dans les boyaux !! Aller, il est temps de rentrer. Je mets le sherpa sur le dos et redescends dans la Vieussens. J’essaie d’attacher la corde pour qu’elle ne se fasse pas emporter par le courant et vais retrouver mon équipement de plongée.

    Il est aux alentours de 21h, je m’immerge. Une fois sortis, je vais faire le bourrin et je vais le payer. Je décide de porter tout en une fois ! Et bien ce ne sera pas une réussite. Je m’explose le genou et physiquement ça pèse 65kg de matériel. Mais malgré tout j’arrive en une fois au S5 ! Victoire !

    La sortie se fera sans trop de problèmes, mis à part le sac qui se bloque dans les plafonds ou qui se coince dans le fil. La traversée du S2 et S1 sera rendu très pénible par les grandes variations de profondeur. A la mise à l’eau du S1, je sens comme une odeur de gasoil !? J’espère que ce ne sont pas les batteries lithium de la balise ou du perfo qui ont pris l’eau ? Mais bon je ne vais pas tout déballer ici et de toute façon il est trop tard pour faire quoi que ce soit.

    Je sors la tête de l’eau dans le cloaque du S1, personne. Je commence à poser mon matériel et j’entends au loin la voix spécifique du sanglier.

     

    # 16 Août 2012  2eme vague : CABRIT Eric, CHEVRIER Damien, DELPECH Thomas, DUFAYET de la Tour Sébastien, JOUGOUNOUX Didier, SIRIEYS Théo. Monitrice canyon

     

    Nous sommes top synchro, ils arrivent juste. Là, si ce n’est pas du bol je ne m’y connais plus !! De surcroit, le point balise a été trouvé. C’est la joie d’une mission accomplie pour toute l’équipe. Mais aussi la joie de se revoir car ils étaient inquiets pour moi. Cela fait 11h que j’étais post siphon. Je range, mais cette odeur de gasoil persiste. Eric ouvre les sacs pour voir si la balise ou le perfo n’ont pas pris l’eau. Rien en vue. Puis je reconnais finalement l’odeur, ce n’est pas du gasoil, mais du pétrole ! Si cela se trouve une pollution viens d’arriver au siphon. Bref, nous emballons le tout et sortons tranquillement.

     Une fois rentrés à Trassac, j’ai plus de détail sur le balisage. En fait, le point a été trouvé à plus de 150m de l’endroit escompté. Par chance car les recherches allaient être arrêté car aucun signal n’avait été détecté depuis 2h. Ça s’est joué à peu ! La balise se trouve à une profondeur de 30m ± 1.5m. Ce qui nous fait un delta de minimum  26m à l’emplacement et 22m si l’on se décale dans la salle que j’ai trouvé. Maintenant extrapolons un peu et admettons qu’il y a 5m de cailloux et de terre à cette endroit, nous sommes à peu prêt à 17, 18m de roche. Ce qui est tout à fait envisageable au niveau creusement à l’explosif.

    Mais revenons au moment présent, nous dînons à 4h du matin avec le sourire des grands jours. Et les plans et idées commencent à émergés.

     

    Je tiens à remercier tous mes camarades et particulièrement Jean-Louis pour la réalisation de ce repérage magnétique.

     Je remercie aussi la préfecture pour nous avoir donné l’autorisation d’exploration sans limite de temps.

     Je remercie aussi les dirigeants du CDS46 pour nous avoir mis des traverses de chemin de fer dans les roues! Mais en vain. Et pour la petite histoire, j’ai reçu le mardi 17 Juillet par mail un Arrêté d’interdiction d’exploration daté du vendredi 13 juillet !! Bravo la France et ses administrations.

     Allez à l’année prochaine et vive la spéléo libre !!!!!!

     

    DELPECH Thomas

     

    Thémines 2012 

    Groupe Spéléo Immatures

     

    Synthèse des topographies en plan.