• Le Sorpt

     

    Exploration 2013-2014

     Voici un lien vers les deux montages vidéos que j'ai réalisé.

    La désobstruction puis la dernière exploration.

    Le Sorpt          Le Sorpt

    Bientôt, un montage complet sur l'exploration sera disponible.

    En attendant, voici notre compte rendu d'exploration.

    Bonne lecture.

     

    Jean-Pierre et Thomas.

     

    Le Sorpt

     

    Commune de: Chasteaux, CORREZE 19

    Coordonnées : 1° 28’ 21,7’’ E ; 45° 04’ 26,0’’ N

    Altitude : 159m

    Type de sol : Calcaire J1 Bajocien. 

     

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    La vasque en hiver.

    # Historique: 

                  La résurgence du Sorpt est depuis des années en sommeil suite à des travaux titanesques entrepris voici plusieurs dizaines d'années. Voir fiche cavité sur le site du CDS19.

    Suite aux travaux, Jean Pierre COULOUMY parcourt une dizaine de mètres avec un narguilé et une 3l en sécu. Il butte malheureusement sur un laminoir pleine roche à première vue impénétrable. Dans la foulée, Laurent ROUCHETTE passe aussi l'étroiture d'entrée et s'en arrête là.

     Peu de temps après la nature reprend ses droits et la vasque s'effondre. Nous sommes en 2007.

     Lien fiche cavité:  http://www.speleo-correze.org/cavites/sorpt/photos_sorpt_adsl.html


     

    # 15/12/2013:   DELPECH Thomas.

             Après plusieurs visites autour de cette belle vasque perdue dans les bois, je me dis qu’il faut que j'aille y jeter une palme.

            La vasque est magnifique. Par contre, le fond est obstrué par un amoncellement de blocs, de graviers et de sable. Je parviens tout de même à distinguer la suite en contrebas. Le courant est puissant car tout le flux passe à cet endroit.

    J’entreprends donc le dégagement de l’entrée. Après 40min à sortir des blocs et après 4 essais, je parviens à investir les lieux en bi 4 litres no mount, sans harnais, sans palme et il a presque fallu tomber le casque ! Mais bon, ça y est, je suis passé. Je regarde la suite du réseau qui est un laminoir assez bas mais large d’au moins 3m. Je suis à la cote -6m.

    Ensuite étant juste sur les blocs et pensant à la trémie, je ne suis pas allé plus loin que 5 ou 6 mètres.

         Je ressors péniblement au milieu d’un flot de sable fin qui annule la visibilité. Bien content de cette incursion, je décide d’appeler Jean-Pierre afin de récolter plus d’information sur son terminus. Fin du premier acte.

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     Goulet en fond de vasque.

     

    # 24/03/2014:   DELPECH Thomas.

             Deux semaines avant ce jour, nous devions avec JP filmer le conduit et passer une caméra sur une perche au-delà de son terminus afin d’entrevoir la suite potentielle. Mais lorsque nous sommes arrivés, la crue nous avait précédé et rendait impossible la plongée.

            J’appelle JP et lui demande si il est libre afin d’y revenir. Pas de chance, il est occupé (Ah ces retraités !). J’y retourne donc seul afin de faire un bout de topographie et de filmer pour archive l’ensemble de la cavité. J’ai en ma possession un spool de 25m de fil métré, ce qui devrait largement suffire pour la topo !

    Je me prépare en configuration légère. Bi 4l en déstructuré et le minimum de matériel sur moi.

           L’entrée a de nouveau bougé et de ce fait, je prends mon temps afin d’observer et d’étudier le passage. Je dois de nouveau désobstruer le passage qui s’est rétréci. Le plus gros des blocs étant descendu avec le talus.

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    Bloc devant l’étroiture.

          Je juge le passage possible, mais avant je sors quelques roches et cailloux afin d’appréhender plus sereinement la suite. Je rentre en marche arrière à grand peine car le passage est vraiment étroit et le courant assez violent. Je dois stopper la tête collée dans le sable afin de chasser avec une main et mes pieds le sable et les graviers sous moi. Une fois à l’intérieur, j’amarre mon fil et commence le travail de topographie. Ma progression est très chaotique car je dois tirer les bouteilles d’une main, dérouler le fil du spool de l’autre, baisser la tête en me plaquant au sol et nager sans palmes !! Ce fut sportif. Mais quel bonheur ! Le conduit se relève légèrement ce qui me permets de lever la tête et de voir la suite se profiler.

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    Suite de la galerie.

    Mais déjà le spool sonne le glas. 25 mètres de déroulés, la topo sur l’ardoise, la vidéo dans la caméra et arrêt sur rien ! Je jubile car c’est sur j’ai fait de la première et cela va continuer. La cote -7m est atteinte et la section finale est de 2.5 x 0.8m.

    Je sors en repérant les lieux pour la prochaine fois et peaufine le choix des passages dans la partie la plus « laminesque ». La sortie est pénible et éprouvante physiquement et psychologiquement, mais je suis comme un gosse !

    Le soir même, j’appelle JP qui n’en croit pas ses oreilles. Ce que je lui décris ne ressemble à aucun de ses souvenirs. Mais l’enthousiasme et là. Nous décidons donc de poursuivre l’aventure ensemble.

    Afin de cadrer nos incursions, je rédige un plan de secours au cas où l’un de nous resterait coincé derrière l’entrée. (Fiche en annexe)

     Ci-dessous, le report surface du jour.

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    # 01/04/2014 matin:    DELPECH Thomas.

             Cette matinée est dédiée à l’ouverture de l’entrée ainsi qu’à sa sécurisation. Une dizaine de blocs seront remontés et mis en sécurité.

     

     # 01/04/2014 après-midi:    COULOUMY Jean-Pierre, DELPECH Thomas.

             Cette après-midi, nous sécurisons le passage en retirant et en attachant le gros bloc par côté. Ceci réduisant les risques inhérents à un écrasement éventuel.

            Jean-Pierre a amené son narguilé de 20m et nous avons 2 bouteilles de 15l en sécurité. Suite à la sécurisation, nous convenons que JP passe le premier faire une pointe, puis selon la suite, je dois lui emboiter le pas pour pousser plus loin. Mais pour le moment, Jean-Pierre se prépare et ça prend du temps, beaucoup de temps !

            Finalement nous partons ensemble jusqu’à l’entrée. Il a sûr lui 2x3.5l alu et le narguilé et nous posons un 9l avant l’entrée. Le flux est important et propulse du sable. Jean-Pierre essaie de passer tête la première en grattant au sol, mais cela est perdu d’avance. Il se retourne et tente en marche arrière. Après un long moment à founiller et à pousser le sable vers le bas, il arrive à engager son corps. Malgré tous ses efforts, il ne parvient pas à passer à cause d’un plomb attaché sur son dos. Nous sortons et il me dit de prendre le relais sans trop y croire.

            Je me harnache rapidement avec mes 2x4l acier ainsi que le narguilé afin d’économiser l’air de mes bouteilles. Arrivé en bas, je dégrafe les bouteilles et m’engage en marche arrière. Je pousse les cailloux et le sable et parviens en moins d’une minute à rentrer. Le fait d’avoir sorti les blocs a complètement changé la physionomie des lieux. Maintenant une dune de sable entrave largement le passage. Je commence donc à écarter tout le tas par côté afin de permettre une sortie plus sereine.

    Mais les ennuis commencent. Le narguilé ne fonctionne plus. Je respire à moitié eau et à moitié air en forçant énormément à l’inspiration. Le tout combiné au facteur stress et aux efforts, je commence donc à m’essouffler. Je décide d’abandonner le narguilé et ne compte plus dessus pour ma sécu. Je passe sur mes bouteilles et de suite ça va mieux. J’attrape un caillou en forme de pelle et travaille 8min avant de retrouver une ouverture convenable. Un point positif étant que le flux d’eau garde une visibilité très bonne malgré le travail effectué. Un petit signe ok à JP et je remets mes bouteilles sur mon harnais en faisant le point des consommations. J’ai beaucoup gaspillé de gaz, donc par sécurité j’appliquerai la règle des tiers sur le volume de départ et non sur ce que j’ai à cet instant. Ceci me pénalise pour l’explo mais laisse une marge de sécurité supplémentaire sachant que le narguilé est hors service.

            Cette fois, je teste avec mes palmes, mais ce n’est pas une réussite car très difficiles à enfiler dans le laminoir et ensuite relativement gênantes dans la progression. Mais j’arrive quand même à mon terminus. Raboutage du dévidoir et c’est partit dans l’inconnu. La visi est très bonne et j’en profite pour repérer des départs éventuels. Le conduit reste unique et la section reste constante avec quelques rétrécissements qui me font chercher le meilleur passage. Au total, je déroule 33.5m de plus malgré la possibilité de pousser plus loin. Mais je préfère assurer la sortie.

            Satisfait, je rentre tranquillement en prenant mes marques. La sortie se passera plutôt facilement. Ensuite, nous faisons le débriefing et rangeons le matériel car JP ne souhaite pas pousser plus loin aujourd’hui car il a des fuites sur ses 3.5l.

    Le réseau avance petit à petit, la topo suit ainsi que la vidéo. Nous passons de bons moments partagés, que demander de plus !?

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    # 03/04/2014:   COULOUMY Jean-Pierre, DELPECH Thomas.

             Aujourd’hui, c’est JP qui plonge et je l’assiste. L’entrée demande un petit recalibrage en poussant dedans les graviers, mais sinon cela se présente bien. JP part confiant sur le fait de trouver rapidement un exondé. Il revient au bout d’une demi-heure. Bilan deux fuites sur ses détendeurs probablement dues au sable récolté à l’entrée. D’où demi-tour après 10m parcourus sans dépose de fil jusqu’au virage que j’avais entraperçu. Malgré tout il est super content de la tournure de cette expé qui promet des résultats. De plus, la roche est magnifiquement goujonnée et polie, ce qui égaye la vision en plongée.

     

    # 08/04/2014:   COULOUMY Jean-Pierre, DELPECH Thomas.

             Aujourd’hui, c’est à mon tour de pointer. La routine s’installe au niveau des préparatifs. Vu la quantité de bouteilles et de matériels que nous devons transporter, nous utilisons des diables. De plus, je ne peux pas marcher sans béquilles à cause d’une cheville très abîmée. Il faut donc des moyens de transport performants ! De ce fait, je nous ai surnommés « Le gang des Diables » !

            Je suis très vite opérationnel car une fois dans l’eau libéré de l’apesanteur tout va mieux pour moi. De plus l’eau froide me fait le plus grand bien.

             Je pars avec mes 2x4l plus une 3l prêtée par JP pour passer l’entrée. L’option palmes est définitivement abandonnée par l’équipe. Je déroulerai 69m de fil et découvrirai un embranchement de galeries. Le courant arrivant des deux galeries. Un petit puits magnifique de -1.5m me fait passer dans des strates inférieures. Ceci faisant descendre le réseau à la cote -11m. Ce passage est particulièrement esthétique du fait de la forme trou de serrure ou vertébrale. Arrêt sur rien, au tiers, à 130m du départ dans un passage bas et étroit. Il est à noter que par endroits, la visibilité devient nulle à cause de l’argile qui tombe des fissures du plafond lors du passage du plongeur. De plus, la qualité de la pose du fil est primordiale pour retrouver le bon chemin au retour.

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    Puits passant sous les strates.

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    # 09/04/2014:   COULOUMY Jean-Pierre, DELPECH Thomas.

             Plongée de JP qui part en pointe avec une bouteille de 9l acier à la main et ses 2x3.5l alu. Dès le départ, il y a quelques fuites sur un deuxième étage mais rien de grave.  Je descends avec lui pour lui faire passer le matos à l’entrée. Je le vois s’équiper et disparaître dans la source. Il ira à 120m de l’entrée et s’arrêtera car 2 bouteilles sur trois sont en débit constant. Ceci lui vaudra une petite chaleur surtout à la sortie où il aura du mal à trouver le passage.

            Suite à ces évènements, je décide de ne pas plonger car nous n’avons plus suffisamment de sécurité.

     

    # 15/04/2014:      COULOUMY Jean-Pierre, DELPECH Thomas.

             Nous partons pour faire chacun une plongée aujourd’hui. JP doit explorer la branche de gauche (1G) tandis que moi je poursuis dans la principale.

             Jean-Pierre a révisé ses détendeurs qui étaient bourrés de sable et a mis dessus une grille de protection en vue de l’entrée. Il garde sa configuration 9l et 2x3.5l. Pour une fois tout se passera au mieux et il déroulera 28m dans cette branche légèrement remontante. Les axes principaux seront relevés. Arrêt sur rien de ce côté.

             A mon tour. J’ai changé de configuration. J’utilise 3x6l alu pour pousser le terminus. La visi est relativement réduite du fait du passage de mon camarade. Arrivé au bout du fil, je repère un départ à gauche 2G puis 10m plus en avant, un autre 3G tous deux de bon calibre. Pour finir, au bout de 25m la galerie se divise une nouvelle fois 4G et 1D sans vraiment avoir une galerie principale. Les deux conduits sont émissifs, je choisis de prendre celui de droite. Au bout de 5m la galerie est haute de sol et basse de plafond. Du coup ça racle dur. Les 10 prochains mètres se feront en ondulant tel un ver de terre. Je ne peux pas faire demi-tour car trop coincé. Je décide de pousser un peu. J’arrive dans un virage où je décide de stopper. Aucun endroit pour amarrer le fil ! Il faut absolument que je trouve une solution car le retour en marche arrière c’est l’emmêlage assuré et en marche avant ce ne sera pas mieux. Je décide d’innover. Je repère une petite fissure au sol et décide de fabriquer un coinceur à partir d’une boule de caouètche. Je m’y reprends à deux fois et ça finit par fonctionner.

    Maintenant, je détache mes bouteilles et attrape mes pieds afin de leur permettre le demi-tour. Ouf j’ai réussi. Aller, direction la sortie. Au total j’aurai parcouru 50m de mieux et découverts 3 départs, arrêt sur rien ! Super. Le seul bémol sera pour ma caméra qui suite à un gros choc n’aura pas filmé les 15 derniers mètres. Pas grave « je reviendrai ».

             Bilan de la journée super positif. Tout le monde a déroulé du fil et s’est bien amusé.

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    # 18/04/2014:      COULOUMY Jean-Pierre, DELPECH Thomas.

             Aujourd’hui, je suis de nouveau en première ligne. L’objectif est d’explorer la section 4G qui se situe à la dernière bifurcation à 180m.

            Rapidement je suis sur site. Au passage, je relève les caps des galeries 2G et 3G. Elles seront pénétrables malgré le peu de hauteur. Je dépose un delta sur le fil principal et me raccorde à celui-ci. Le départ est très bas et un seul passage est possible. La visibilité est bonne et un léger courant me fait face ce qui arrange ma progression en me permettant de rester dans l’eau claire. Après une quinzaine de mètres, la section remonte légèrement en s’élargissant tout en restant très basse. Du coup les bulles remontent et décrochent des boulettes d’argile rendant la visibilité très mauvaise. Le courant étant trop diffus pour être efficace. Ensuite, j’ai du mal à relever la tête pour voir où je me dirige et je dois plaquer celle-ci au sol pour pouvoir avancer. Après 25m déroulés, je stoppe sur une nouvelle division trop étroite. Un problème se pose. Sur 25m je n’ai pu poser que deux points fixes. Le sol étant goujonné en forme de gouttes d’eau allongées (écoulement rapide) aucune aspérité ne s’offre à moi. J’arrive à faire demi-tour et fais attention de ne pas arracher le fil en sortant. Une fois revenu à la jonction, l’eau redevient limpide sur quelques mètres, puis la routine du retour dans le brouillard reprend ses droits.

            Encore une sortie payante pour le « gang des Diables » ! Il est tard et JP ne souhaite pas poursuivre pour aujourd’hui. Nous rentrons donc voir nos chéries qui commencent à en avoir marre de nos absences à répétition. (Bises au passage les filles).

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    # 22/04/2014:   COULOUMY Jean-Pierre, DELPECH Thomas.

             C’est reparti pour l’aventure. Notre JP national est super motivé pour explorer la galerie 3G. Afin d’assurer sa sécu, il emporte 2x3.5l accouplées avec pack d’accus, une 9l et une 6l alu. Il est donc bien chargé. Les préparatifs sont longs, mais cela permet de tout bien vérifier. Une chose anormale est quand même à noter ! Aucun détendeur ne fuit !!! (Humour). Ensuite la routine de l’entrée et de l’équipement dans le laminoir.

    Le parcourt sera long et pénible avec tant de bouteilles. Une fois raccordé au fil principal, la première ! Le conduit est comme tout le reste, étroit à souhait. JP y parcourt 15 nouveaux mètres avant de stopper sur fuite de 2ème étage et étroiture ponctuelle.

             Le réseau passe ce soir à 249m topographiés soit 279m estimés. Par contre, le fait de ressortir dans un exondé s’amenuise de jour en jour. En effet, le réseau stagne sous la barre des -12m et se ramifie en se rétrécissant plus nous remontons son cours. Mais bon, on ne peut pas gagner à chaque fois et le résultat est déjà très beau. De plus, les moments partagés sont uniques, l’enthousiasme et la bonne humeur règnent. Ce n’est que du bonheur et de l’amusement.

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    # 01/05/2014:      COULOUMY Jean-Pierre, DELPECH Thomas.

             Suite au visionnage de ma dernière pointe, je décide d’aller revoir le terminus de la 4G, car je pense avoir raté un passage. Aujourd’hui en plus des 3x6l, JP me passe une 3l pour le passage d’entrée afin de garder de la réserve sur moi. Dès le départ, les ennuis commencent. Une de mes bouteilles se coince en travers de l’entrée et je dois faire de multiples contorsions le détendeur au bord des lèvres. Pour finir, je devrai mettre un coup de cul de bouteille pour la décoincer.

     En prévision de l’équipement, je ramasse deux cailloux qui me serviront à équiper le fil dans la galerie.

            Rapidement j’y suis et malheureusement, la caméra grossit pas mal à l’écran et je ne peux faire que 5m de mieux. Par contre, une autre galerie extrêmement basse est visible sur ma gauche. Une fois le fil coupé et amarré à son caillou, je me dis ça y est cette partie est malheureusement finie.

            Du coup, il me reste beaucoup de réserve d’air. Je suis donc le plan que j’avais proposé à JP. Je me dirige vers la galerie 2G pour faire la topo. Malheureusement, je ne parviens qu’à faire 5m et à pourrir complètement la visi. Du coup, plan B. Je repars et décide de refaire la topo précise de la galerie 1G. Comme cela, je connaîtrai tout le réseau. A l’embranchement, je vérifie mon relais et commence la prise de notes. Le souci réside sûr le point que j’étais sure que la galerie 2G et 1G était une même branche. Je ne m’étais pas trompé, la visi est de l’ordre de 50cm. Mais au bout du fil de JP, surprise ! L’eau redevient limpide. Sur ma droite la connexion est évidente car l’eau chargée arrive à grande vitesse en formant de volutes, mais sur ma gauche, une autre galerie se prolonge (1G2) vers l’inconnu.

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    Confluence galerie 1G, 2G et 1G2. 

    Je raboute donc mon fil et pars en mode topo-explo. Je déroulerai 10m de mieux avec un surbaissement de plus en plus marqué jusqu’à ce que le laminoir passe en diaclase. Le passage reste possible à mon avis, mais le retour resterait un problème car le dos n’est pas assez souple pour encaisser ce genre de torsion. Le Laminoir faisant 35cm de haut à cet endroit. Pour finir, je fixe le fil et rentre tranquillement satisfait de mon petit tour. Cette découverte posant autant de questions qu’elle n’en a résolues !

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    Diaclase faisant suite au laminoir. Image penchée sur la gauche car j’ai la tête plaquée au sol. 

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    # 14/05/2014:   COULOUMY Jean-Pierre, DELPECH Thomas.

             JP n’étant pas trop en forme, je plonge donc à sa place. Mon but est de poursuivre dans la galerie 1D et de la filmer car la dernière fois ma caméra s’était arrêtée.

            Comme le réseau commence à pas mal développer et à être de plus en plus engagé, je change de configuration. Je passe à 2x6l et 1 S80. Ceci me permets de faire le trajet jusqu’à un point de jonction et d’avoir une réserve sur place au cas où cela se passerait mal dans les galeries annexes. Les 2x6l restantes pour l’explo.

            Je dépose donc la S80 au croisement des 180m et continue dans la 1D. Je me retrouve à mon amarrage coinceur en boule de caouètche et raboute. Après 14m de zigzag, nouveau croisement dont les deux galeries sont trop étroites pour poursuivre.

    De plus, je suis partiellement coincé car j’ai vraiment forcé. J’arrive tout de même à sortir mon caillou et attacher solidement le fil avant de le couper. Je dois ressortir sur 7 à 8m en marche arrière le demi-tour m’étant impossible. La visibilité est catastrophique car pour une fois les cupules au sol sont remplies d’argile ainsi que le plafond. Le courant n’est pas perceptible et cette soupe m’enveloppe. De retour à ma sécu, il me reste du gaz. Je décide donc d’aller faire la topo et de visiter la galerie 3G explorée par JP.

            Sans être spacieux, ce boyau reste « humain ». Mais à force on s’habitue à être à l’étroit. Bref, j’arrive au terminus de JP. Je raboute et négocie une étroiture très basse sur 2m. Avant, je range bien tout par côté et surtout je fais le vide dans mes poumons. "Oh pinaise" ça force pas mal et j’ai du mal à respirer entre les reptations. Malgré tout, je parviens à passer et continue mon bout de chemin sur 12m au total. J’arrête juste un peu avant mes tiers. Devant moi un virage droite gauche me cache la perspective. Allez, je rentre le cœur léger comme un gosse. « Quand je vais raconter ça au JP » me dis-je !

            Lors de mon demi-tour, je sens une résistance. Je contrôle le fil, mais il n’est pas accroché sur moi. Mais lorsque je récupère ma S80 et que je reprends la galerie principale, Je suis arrêté sur place. Mais quelle est cette main qui me retient ? Je fais le tour et ne vois rien ? J’insiste, pas mieux. Je me retourne et vois le fil pris dans mon dévidoir ! Quel con, je viens de retirer prés de 25m de fil avec moi plus tous les cailloux qui servent d’amarrages. Bon ben bravo, va y avoir du travail le prochain coup.

             Sinon encore une fois tout a bien fonctionné sauf la caméra dans la galerie 1D. A croire qu’elle ne veut pas être capturée ?

    Par contre un détail important après chaque plongée, je démonte les deuxièmes étages qui malgré leur grille de protection contiennent des grains de sable. Ceci est impératif afin d’assurer la sécurité.

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    # 19/05/2014:      COULOUMY Jean-Pierre, DELPECH Thomas.

             Suite à la poursuite de l’explo de la galerie 3G, Jean-Pierre est à pied d’œuvre. Il part pour remettre le fil que j’ai lamentablement explosé et s’il peut, il poursuivra dans cette partie.

            Après avoir récupéré l’extrémité du fil, il s’engage dans le boyau tout en tirant celui-ci. Il le remettra en place jusqu’après l’étroiture de son ancien terminus et il stoppera là. Dans la bataille du rééquipement, il en perdra un couteau et son étui on ne sait où. Sinon ras.

     

    # 04/06/2014:   COULOUMY Jean-Pierre, DELPECH Thomas.

     La dernière pointe sans le savoir !

            Je me prépare à continuer l’exploration de la galerie 3G. Au départ de celle–ci, Je dépose ma S80 et commence à retendre le fil car JP à dû à son tour se prendre dedans en sortant. Décidément, elle veut nous retenir. Arrivé au niveau de l’étroiture, je retrouve le couteau que j’attache au fil. J’essaie de défaire un nœud dans le fil mais n’y arrive pas. Ensuite, j’attaque l’étroiture que j’arrive à passer mieux que la première fois. A partir de là, je retire le bout du fil en faisant attention de ne pas m’accrocher. Un fois tendu, je raboute mon dévidoir, sors un caillou et fixe le fil. C’est parti. Le conduit serpente légèrement, des passages raclent franchement, puis je distingue un bloc au milieu de la galerie. J’arrive péniblement à lui et dois de toute façon stopper ma progression. Je suis écrasé lors des inspirations et j’ai la tête plaquée au sol. Je recule d’un mètre et finis de prendre des notes avant de couper mon fil. Je suis vraiment déçu que notre dernière chance de continuer queute comme cela. Mais, il faut se résigner. Au final, je viens de rajouter 20m supplémentaires dans cette branche, de remettre le fil en place et de retrouver le couteau de JP. Donc le bilan est plutôt positif pour l’équipe.

            Je ressors en prenant grandement mon temps car j’ai un peu le blues que toute cette aventure se termine si vite. Jean-Pierre m’avait tellement remonté à bloc en me disant qu’il devait y avoir des kilomètres de galeries exondées nous attendant que je suis content d’en avoir découvert une partie, mais déçu que tout s’arrête.

            Au final, le réseau topographié développe 313m topographiés et en rajoutant les parties vues nous passons à près de 343m. La profondeur de développement reste entre -10 et -12m. Il reste pour moi une petite chance de faire mieux en reprenant le fond de la galerie 1G1 en tentant de passer dans le niveau supérieur.

             Un grand merci à mon compère d’aventure. Nous avons passé de très bons moments à explorer cette magnifique source bien éloignée des boulevards à plongeurs.

             Pour conclure, que l’exploration continue !

     

    DELPECH Thomas

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    Photo de famille. 

     

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    Le report surface et sa légende.

     

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    La coupe.

     

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    Tableau relevés topo.

     

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